Maurice Ferland dans son atelier
Atelier Mo-Fer - Maurice Ferland

Pendant 23 ans, j’ai fait du design de mode. J’ai beaucoup aimé la mode au début, mais les contraintes sont inévitables: le vêtement doit être portable, il a une structure de base.

Pour le designer, la mode implique un décalage entre le design et le produit fini. On dessine un an d’avance et quand les vêtements sont en boutique, on est déjà en train de penser à une autre saison. On court – c’est toujours un mouvement vers l’avant – en dehors du moment présent. Un vêtement dure une saison – pour le designer, c’est toujours à recommencer.

À partir de 2003, j’ai opéré la boutique l’Atelier Bouffe, à Sutton (au Québec).

Le land art

J’ai toujours été manuel. Même petit, j’aimais fabriquer des objets avec mes mains. Je voulais faire quelque chose de beau. Mes premières sculptures datent de 1971 et j’ai commencé le land art, en 1999.

La sculpture

La sculpture me laisse totalement libre. Je la fais tout simplement. Je ne sens pas de contrainte. Tant que quelqu’un l’aime – elle vit. Il n’y a pas de mode ou de tendance à suivre.

Pour moi, créer une sculpture est un processus très intense. Quand j’entre dans mon atelier, je n’ai pas envi d’en sortir, je me force pour le faire car ça me permet de garder un équilibre. Heureusement, je vis dans un environnement d’une grande beauté qui me nourrit et me ressource.

Tout m’inspire – le bois, le métal, le verre ou la céramique. Je récupère toutes sortes d’articles pour mes sculptures: des vieux outils, des cercles de métal, des clous anciens, des poteaux de clôture – c’est d’abord leur forme qui m’interpelle. Souvent, ce sont des objets que les gens fabriquaient un à un. Je les aime, ils sont bien dessinés. Je vois la beauté dans ces pièces et je veux les transformer pour leur redonner vie.

J’entre dans mon atelier, je tourne, j’écoute de la musique, je manipule des objets et tout à coup – une forme émerge. Elle s’impose d’elle-même. Je ne contrôle pas – je suis le mouvement et l’inspiration. Mes mains font le travail. Je reçois simplement… À un moment donné, la sculpture est terminée. Elle a pris vie. J’ai fait ce que j’avais à faire.